Publié par Arnaud N'zassy

Ministère de l'Education Nationale / Gabon
Direction d'Académie Provinciale du Moyen-Ogooué
B.E.P.C. blanc provincial

 

 

ETUDE DE TEXTE

Texte

          Comme les femmes aiment à se faire bercer ! Jarria-à-la-haute-grâce fit des yeux de miel et rompit pour la seconde fois du pain, coucha dessus un fillet de beurre. Quand elle eut servi son café et l'eut sucré, elle souleva des deux mains sa propre tasse jusqu'à la bouche de son époux.
- Goûte et dis-moi s'il est bon, lui lança-t-elle en sourire.
- Il est tiède, dit-il après avoir goûté.
- Un café, même tiède, se boit. Mais tu ne m'as pas dit si je l'ai réussi ou non.
          Se devait-il de dire à Jarria que son café était médiocre et détruire ainsi le sourire de ce visage ? Il dirait la vérité. Se devait-il au contraire de lui déclarer que son café était un nectar et conserver ainsi cette suprême joie ? Il dirait un mensonge.  Sa femme n'était pas bonne cuisinière, n'était pas bonne ménagère, soucieuse de faire durer l'éclat de ses doigts aux ongles longs et cirés. Elles était de la classe de ces intellectuelles qui considèrent faire la cuisine ou le ménage comme une tâche rebutante. Pour cette même raison, elle s'était munie d'un cuisinier et d'une femme bonne à tout faire : les carreaux, les chambres, le linge... Mais, arrivée à la fin de semaine, ce personnel absent, Jarria tant médiocre que mal dans ses travaux de femme, sous l'œil amusé de Siana, s'embrouillait.
- Ton café est un nectar des dieux, dit le jeune époux qui se permit de mentir, soucieux de conserver l'éclat de cette joie matinale.
          Les compliments font toujours du bien aux femmes, beaucoup de bien. Jarria ramena ses deux mains sous son propre menton. Des deux mains, elle poussa la tasse vers ses lèvres, les yeux mi-clos, orgueilleusement mi-clos. Siana était nu entre le sourire et le rire devant ce spectacle, faisant de gros efforts pour ne pas éclater. C'est dans ces moments-là que Jarria lui plaisait, dans ces moments de fine fierté où l'intelligence cède du terrain à l'esprit et au désir, entendu que les femmes ne vantent souvent que les qualités dont elles ne sont pas parées. Et Siana adorait ce côté négatif des femmes.

Okoumba-Nkoghe, Siana.

QUESTIONS (60 points)

I - CONNAISSANCE ET MANIEMENT DE LA LANGUE (20 points)

1) Donnez la classe grammaticale et la fonction des mots et expressions soulignés. (0,5 × 8 pts)
2) Analysez les propositions contenues dans les phrases suivantes : << Elles était de la classe de ces intellectuelles qui considèrent faire la cuisine ou le ménage comme une tâche rebutante. >> (1+2 pts)
3) Soit la phrase : << - Ton café est un nectar des dieux, dit le jeune époux à sa femme. >>
a) A quel discours est cette phrase ? (2pts)
b) Réécrivez-la à un autre discours. (2pts)
c) Indiquez les modifications opérées. (3pts)
4) Soit la phrase : << Quand elle eut servi son café et l'eut sucré, elle souleva des deux mains sa propre tasse jusqu'à la bouche de son époux. >>
a) Indiquez l'infinitif et le temps de chaque verbe. (0,5 × 6 pts)
b) Réécrivez cette phase en mettant le verbe << souleva >> au futur simple de l'indicatif. Faites les modifications nécessaires. (1 × 3 pts)

II - VOCABULAIRE (20 points)

1) Expliquez les expressions suivantes :
-  << couha dessu un filet de beurre. >> (2 pts)
-  << une tâche rebutante. >> (2 pts)
2) Trouvez :
- Un synonyme à << bercer >> (2 pts)
- Un antonyme à << intellectuelles >> (2 pts)
- Un homonyme à << sous >> (2 pts )
- Un paronyme à << entendu >> (2 pts)
3) Donnez un autre verbe, un nom et un adjectif qualificatif appartenant à la même famille que le verbe << déclarer >>. (2 × 3 pts)
4) Identifiez la figure de style contenue dans le passage suivant : << elle s'était munie d'un cuisinier et d'une femme bonne à tout faire : les carreaux, les chambres, le linge... >>. Puis, définissez-la. (1 + 1 pts)

III- COMPREHENSION DU TEXTE (20 points)

1) Relevez dans le texte cinq mots faisant partie du champ lexical de la nourriture. Que pouvez-vous en tirer comme conclusion ? (2,5 + 2,5 pts)
2) Le mari a-t-il menti ou, au contraire, dit la vérité à sa femme ? Pour quelles raisons l'a-t-il fait ? (2 + 3 pts)
3) Selon le texte, Jarria est-elle une bonne femme de maison ? Justifiez votre réponse avec deux relevés textuels. (1 + 2 + 2 pts)
4) Proposez un titre à ce texte. Justifiez votre choix. (2 + 3 pts)


COMPOSITION FRANÇAISE (20 points)

Le candidat traitera, au choix, l'un des sujets ci-dessous.

Sujet 1: En commençant par la dernière phrase du texte, imaginez une suite logique et immédiate à ce texte en une vingtaine de lignes.

Sujet 2 : Le lendemain, l'époux de Jarria va se plaindre, auprès de sa belle-mère, que sa femme ne sait pas tenir une maison. En alternant dialogue et récit, faites-les parler.

Sujet 3 : De nos jours, de nombreuses jeunes femmes ne savent plus s'occuper de leur foyer. Quelles sont les causes de cet état de fait ? Vous répondrez à cette question dans un développement organisé et illustré d'exemples précis. 


ORTHOGRAPHE

Première partie : 

Exercice 1 : Completez ces phrases avec ces, s'est, c'est, ses, ai, aie, est, es, puisque, quoique, quoi que.  (5 points)

1 - Toutes  .....  rumeurs ne nous aident pas à comprendre ce qui  .....  réellement passé.
2 -  .....   avec beaucoup de peine que j'ai appri  ...  événements.
3 -  .....  confiance. T' ..... - je déjà menti ?
4 -  .....  - il vrai que j' .....  participé à ce projet ?
5 -  ..... 'on raconte sur toi, je te soutiendrai.
6 -  ..... nous fassions pour lui, il n'est jamais content.

Exercice 2 : Accordez correctement les adjectifs et les verbes à l'infinitif entre parenthèses. (5 points)

1 - On a utilisé des cuirs (marron) et (fauve) pour recouvrir les sièges des voitures.
2 - Ils marchaient (nu)-pieds dans les prés (vert tendre).
3 - Elle leur a (montrer) les photos qu'elle avait (retrouver). Elles etaient (cadrer).
4 - Quelle bonne idée tu as (avoir) !
5 - Nous nous sommes bien (amuser) quand nous les avons (voir) quitter la maison.

Deuxième partie : 

Dictée : La pêche à la corbeille. (10 points)

La pêche à la corbeille battait son plein dans les rivières et les étangs. Chaque matin, dès que la perdrix cacabait, que le coq s'ébrouait et lui répondait, les femmes qui n'avaient pas à s'occuper de courges pendant la journée prenaient leur panier, leur corbeille et leur petit filet à poisson, puis s'en allaient par les pistes serpentant sous les frondaisons épaisses.
Je suivais ma mère, portant sur mon dos le petit panier à provisions. Nous traversions quelques rivières (...) ; arrivions à Mikaga, affluent du Woleu, la plus grande rivière qui baigne les forêts d'Engongome. (...)

Tsira Ndong Ntoutoume, << Souvenirs >> in Lettres gabonaises.

Consigne : Ecrire au tableau : Engongome, Mikaga, Woleu, et les références du texte.
 

Français : BEPC blanc provincial (Moyen-Ogooué / Gabon)

Savoir Gabon

Téléphone : (+241) 074 79 10 22 / (+241) 060 00 02 60

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