Publié par HISPANIGAB

ECOUTONS LE MVETT

Dans certaines cultures il y a des rites très importants. Le cas du Mvett chez le peuple Ekang, après l'inhumation d'un homme.

Bien que n'étant pas conteur, je vais le devenir pour te rendre  hommage    Maestro, Tío Paulino.

Je sème le vent !

Oui !

Je tire l'éléphant.

oui !

Ce  jour est un dimanche !

Oui !

Que les oreilles écoutent !

Qu'elles  écoutent le Mvett!

A- atare na'a: "Me kobegue!"

Au commencement: "je parle".

Dans le ciel au Nord du pays naquit une une étoile un 17 juillet de l'an  1953. Elle descendit  dans la tribu Nkodjeiñ, de Nkoum Ekeiñ. Ses parents lui donnèrent le nom de BITHOUGAT. Il grandit en conformité avec l'éducation chrétienne et la tradition. Cette double éducation  forgea sa personnalité et devient un homme complet, au sens même du terme.

Dès son jeune âge, il embrassa  la carrière enseignante  qui aima à l'extrême et donna tout de lui dans celle-ci.

Je sème le vent!

oui !

Je tire l'éléphant !

oui !

Que les oreilles écoutent !

Qu'elles écoutent le Mvett !

Oui, ce  passionné de la langue de Cervantès, je l'aperçus pour la première fois, pendant mon stage de CAPCEG au lycée d'Etat de l'Estuaire, l'année académique 87/88. N'étant  pas mon tuteur nos contacts se limitaient par un simple "Buenos días Señor" que je lançais à distance par respect et, lui de répondre par un sourire, comme pour m'encourager.

Mais, je le connus véritablement pendant le séminaire national  organise à Libreville à l'institut Immaculée Conception, sous la tutelle du M.E.N, ayant pour thème : "Explication  et commentaire des documents" en mars 1991.

 Pendant ledit séminaire, j'ai vu le "Genie  Bithougat" émerveillé tous les séminaristes présents. De mes yeux, je n'avais  vu une telle maitrise. C’est ainsi, que mon admiration  est née envers la personne, admiration  qui a cédé place à l'amitié.

Maestro, avec trois types de documents: un texte, une caricature et une photo. Tous ces  documents  portaient sur le même thème. Il avait reparti la classe  en trois groupes et, réussit  à expliquer les trois documents  en une séquence de cours. A la pause, je m'approchai de lui pour comprendre  comment cela pouvait être possible. Avec son sourire légendaire il me répondit simplement : "il faut aimer ce  que tu fais. Mets-toi dans l'esprit du document, fais corps  avec et, tu verras que le reste viendra seul."  Je lui ai dit que c'était du génie  et l'appelai "Maestro". Il m'a dit que c'était trop d'honneur pour lui, qu'il préférait que nous en restions à " Tío ".

Aujourd'hui, après trente-deux ans de carrière, je n'ai jamais pu expliquer trois documents  au cours d'une séquence de classe. Mais, celle del Maestro a marqué toute ma carrière.

Qu'écoutent vos oreilles ?

Elles écoutent le Mvett!

Chantons le Mvett!

Chantons avec le cœur!

La bouche parle avec les mots!

La bouche peut tout dire!

Le cœur seul sait parler,

Le cœur seul sait tout dire.

Ah, si le cœur était la bouche,

Les hommes  comprendraient le Mvett!

Oui, au cours de ta carrière tu posas de nombreux actes  positifs qui sont passés dans l’anonymat. Quand on pose un acte bon, on s’attend, si non à une récompense concrète, tout au moins à une reconnaissance ou une consolation  morale  et psychologique, un merci.

Toi, tu ne te piquais pas et n'avais  jamais pu te piquer de l'absence de gratitude  envers ton action. Tu ne te lamentais  pas de d'être "usé en vain". Ah, oui, tu étais mis à l'épreuve de la patience envers tes élèves, tes stagiaires, tes collègues et tes collaborateurs. Tu t'en sortais toujours souriant, parce que ton abnégation, ton professionnalisme  et expérience ne se réglaient sur aucun calcul. De fait tous tes savoirs "savoir être, savoir-faire, etc...", ne te garantissaient ni privilèges, ni "exonération" sociale, politique, etc...

Ils t'assuraient seulement l'Amour du prochain à travers  lequel  tu servais  ton Seigneur, et de cœur ferme tu t'appuyais sur lui.

Je sème le vent!

Oui!

Je tire l'éléphant!

Oui!

On voit  tout, on voit  tout !

On voit  tout sur la terre des hommes!

On voir la lumière!

On voit l'obscurité !

On voit le bonheur !

On voit le malheur!

On rit, on danse, on se réjouit !

On pleure, on souffre, on meurt!

Qu'écoutent vos oreilles ?

Elles écoutent le Mvett !

Oui, Maestro, Tío Paulino le modèle que tu étais, est un "Christophoroi" (Un porteur de Dieu). Tu portais le Christ pour le communiquer, pour le faire connaître, en tant qu'il est source de joie, de bonheur et de réconfort. Cela a suscité de nombreuses vocations auprès  tous tes apprenants et l'admiration auprès de ceux qui ont  entendu  parler de toi.

A notre dernier jury du B.E.P.C 2013, au collège  Ba Oumar, tous les matins  tu nous apportais des croissants et des jus de fruit que tu achetais de ta propre poche. Oh, une générosité inégalable. Et, tu as fait cette blague: "oh, tío, je ne crois pas que je vais cesser de travailler  cette année. Est-ce que ma mère ne s'est pas trompée d'année  de naissance en allant faire ma déclaration  de naissance".   Tu voulais dire  par là que tu avais encore beaucoup à donner.

Oui, Maestro, Tío Paulino, aujourd'hui en voulant t'imiter, j'offre une petite collation aux membres de mon jury à la fin de chaque  examen.

Maestro, le 30 mars dernier en vous voyant dans l'allée sous-bois de ta résidence  de Bikele, Big Fred Memine me Zue et toi, j'ai écrit ceci: "Dos iconos de la Educación Nacional y jubilados felices" (deux icones de l'Education  Nationale et retraités  heureux), comme toujours tu m’as répondu par le sourire, comme pour me dire  de tenir  bon, mon tour arrivera. Oui, je tiens avec la grâce de l'Eternel pour continuer  l'œuvre.

Oui, ta vie était une vie donnée. Elle traduisait le don de soi, le dépouillement et l'oubli intra personnel  pour se faire offrande donnée.

O nature! Que t'ai-je fait?

Soleil qui me regarde, écoute mes pleurs.

Suis-je victime de la charité?

De la charité qui me rend populaire?

Suis-je victime de l'Amour de mes semblables ?

De cet Amour qui m'attire des amitiés?

Que dois-je faire porque le bien triomphe?

La bonté, en ce  monde, a perdu sa place.

Seul le mal commande l'univers.

O Nature! Que t'ai-je encore fait?

Soleil qui me regarde, écoute mes pleurs.

Je sème le vent!

Oui!

Je tire l'éléphant!

Oui!

Qu'écoutent vos oreilles?

Elles écoutent le Mvett!

Oui, Maestro, Tío Paulino, Providence Divine tu quittes cette terre  pèlerine le 03 mai 2020.

Oui, "03 mai" titre  du tableau du peintre espagnol Goya. Œuvre que tu affectionnais exceptionnellement. Rien de hasard dans la vie. Dans ta simplicité, tu as toujours plus ou moins dénoncé ces  cérémonies  funéraires ou se mêlent beuveries et mondanités qui n'ont rien à voir avec le respect dû à la mémoire du défunt.

Le Seigneur te retire de la terre dans le contexte  marquant les restrictions concernant les cérémonies  de mariage et de funérailles, pour qu’autour de ta dépouille règne le respect et la prière.

Oui, Maestro, Tío Paulino tout bienfait  accompli de bon cœur, trouve  toujours un  écho favorable et n'est jamais méconnu de Dieu. Dans son mutisme apparent, le Seigneur voit et agit. Toutes nos actions sont devant lui, comme un livre  ouvert. Il n'est pas indifférent á notre vie, mais se rend présent  selon nos actions.

Oui, digne Fils Ekang descendant des Immortels, tes œuvres te rendent immortel. Tu as bien appliqué  le Code  de Vie de tes Aïeux:

"Procurer du bien autour  de soi  et ne jamais faire de mal á son prochain".

Que les oreilles écoutent!

Qu'elles écoutent le Mvett!

La tête du ciel  luit, la tête du ciel  luit!

La tête du ciel luit pour tout le monde.

Elle luit pour les pauvres,

Elle luit pour les riches.

Elle luit pour tout ce  qui est inerte,

Elle luit pour tout ce  qui respire.

Malheureusement il y a des aveugles,

Des aveugles qui ne voient pas la lumière du ciel!

La vie est-elle juste?

Oui !

La vie est-elle juste?

Non!

Chantons:

Oui et non!

Ecoutons tous:

Ecoutons le Mvett !

Philippe AKOGHE EFFOUA, Lycée Paul Emane Eyegue, Libreville.

A CET HOMME

À l'homme.

À cet homme.

À celui qui façonna

Et transforma

Avec amour

Et pour toujours

Tous les amoureux

Et merveilleux

Épris du métier

Grâce au levier

Transformateur

Et bienfaiteur

De cet homme

Qu'on nomme

Monsieur Bitoughat

Et qu'on appela

Aussi Paulino

 

Et encore "Tío"

Oui, c'est lui

Personnage inouï

Professeur

Tuteur

Encadreur

Transformateur

Tous les jours

Et pour toujours

À l'unisson

Nous vous dirons

Merci

Diboti

Akewa

Akiba

MONSIEUR BITOUGHAT

Notre papa.

Justine ZANG, épouse NGOUGOME, Conseiller Pédagogique, IPN, Akanda.

ME CALLO

Cuando las palabras pierden su sentido,

Me callo

Cuando la muerte tiene la última palabra,

Me callo.

Cuando el cielo nos cae de cabeza,

Me callo

Cuando la confusión reina,

Me callo.

Cuando el llanto es angustia,

Me callo.

Cuando vuelve a ser un drama contar las horas, los días, las semanas, los meses...

Me callo.

Cuando lo han dicho todo y que no hay nada más que decir,

Me callo

-¡Vamos! ¡No te calles! ¡Dilo!

-Paulino, mi silencio no es sinónimo de indiferencia, no.

Solo es que:

Cuando el dolor es tan profundo,

Me callo.

Claire MVE, Inspecteur Pédagogique, Libreville.

A PAULIN

C’est pendant l’année académique  86 /87 que te vois pour la première fois au LEE où j’étais en stage CAPC et encadrée par Mme Zue Obame  que je salue au passage.

A  l’époque on respectait les mesures de distanciation par rapport  à nos aînés par peur? Par gène ? Par respect? Quand tu as su que j’étais mariée à un de ta tribu j’ai eu droit à tes taquineries.

En 89, grâce  à toi et a Koumba Massoussa Mickaël que tu as rejoint aujourd'hui j’ai su que les notes des membres d’un jury peuvent sauver la vie d’une etudiante qui a des problèmes extra-pédagogiques avec la tutrice. Paulin, Mikael et Power notre didacticien de l’époque vous avez transformé à votre manière le 2 de ma tutrice en un 11 à ma leçon devant le jury.

Je vous dis tout simplement merci.

Merci d’avoir fait de moi ce que je suis aujourd'hui.

Merci d’avoir changé ma vision du champ pédagogique.

Tu as su donner sans t’attendre à un retour quelconque. Avec ton départ,  je viens de me rendre compte qu’on peut aimer, s’aimer,  soutenir et se soutenir les uns les autres et que la distance n’est pas une barrière.

Notre dernière rencontre remonte au mois de mars 2019 .Tu es passé au collège  Avorbam où  j’étais le premier responsable. Tu voulais comme à ton habitude rendre service à quelqu’un. Dieu merci je l’ai fait. Tu avais promis repasser avec les croissants. Dieu en a décidé autrement.

Ma prière ce matin, adressée à la grande famille HISPANIGAB est que chacun dans ce qu’il est et où  qu’il soit garde cette flamme, cette spontanéité cet amour en mémoire de notre frère.

Double beau-frère. Repose en paix.

Bon dimanche à tous.

Jeanne d’Arc NDONG ONDO, Inspecteur Pédagogique, Owendo.

ON DIT QUE PARTIR, C'EST MOURIR UN PEU

"On dit que partir, c'est mourir un peu, mais s'en aller pour chercher Dieu, c'est trouver la vie"oui M. PAULIN BITOUGHAT, «Paulino» pour les intimes, Maestro pour tes collègues, Tío pour tes élèves,  tu es certes parti,  mais tu n'es  pas mort car ton œuvre, ton expérience et les fruits de celle-ci  demeurent et demeureront  à jamais sur cette terre.

Tu es certes parti, mais je suis sûre que tu es auprès du Père,  là où il n'y a ni douleur, ni peine, ni malheur, ni tristesse, ni critique  ni injustice, ni rien de semblable.

Tu es certes parti, mais  tu restes à jamais gravé dans nos mémoires.

Je n'oublierai jamais tes blagues, toi qui pour me titiller, et me chahuter, avait trouvé  un verbe espagnol assez exceptionnel et  jamais rencontrer dans le monde Hispanique: « Malambar ».

Cher collègue,  on dit que partir c'est mourir un peu, mais pour tout  le département d'espagnol en général, et pour HISPANIGAB en particulier, tu es n'es mort, tu es juste parti.

Oui tu es parti, et tu demeures désormais auprès de ton Père dans les lieux  célestes, et que tu reposes désormais  en paix.

Partir c'est mourir un peu.

Rolande MALAMBA KOUMBA, Lycée Djoué Dabany, Libreville.

HAY TIEMPO PARA TODO EN ESTE MUNDO

Hay tiempo para todo en este mundo

Ayer, hemos trabajado juntos

Hoy, estamos llorando para ti.

Has muerto, y tus colegas sentimos un dolor muy intenso, una punzada en el alma; estamos vivos/as, nos quedan tus sueños que se agrandan cada día; nos quedan tus palabras; tu risa… Nos queda tu bello recuerdo que junto a la tristeza van encontrando las fisuras de nuestras almas por las que brotan estas lágrimas…

Ahora la tristeza nos invade, nos traspasa el corazón… Sigues vivo en nuestra mente, ahora todo es diferente, tú estás en el cielo y nosotros aferrados a tu música que suena a oración…

Descanse en Paz Tío.

Rockyse NTSAME, Instituto Ipendet Sokat de Baraka Misión, Libreville.

 

TU TESTIMONIO

No te conocía tío Paulino

Nunca se hablaba de ti Paulino

Pero dicen tantas cosas buenas de ti

¿Pero dónde estás?

Dicen que no estás aquí, ni allí pero allá.

¡Entonces ya no te veré!

¡Pues ya no te conoceré!

¡Claro que sí!

¡Te conozco!

Te conozco a partir de lo que dicen de ti.

Dicen que eras un excelente profe.

Dicen que formaste un montón de profes.

Dicen que amabas lo que hacías.

Dicen que luchaba por la educación.

Dicen que eras un modelo.

Un mentor

Un padre

Un colega

Un hermano.

Todo eso: eres tú

Pues ya te vi

Sí que te vi por tus obras

Tus obras estás sobre todo quienes te conocieron.

Entonces tu ser, tu alma y tu vida dieron lugar a tu testimonio.

Y el primer jurado del hombre es lo que dicen de él.

Dicen tantas cosas buenas de ti que creo que Dios te haya recibido.

Vete en paz tío Paulino.

Georgina EYANG OBAME de MAYOMBO, Prytanée Militaire, Libreville

 

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Acte 1 : https://www.savoirgabon.com/2020/10/hommage-a-paulin-bithougat-acte-1.html

Acte 2 : https://www.savoirgabon.com/2020/10/hommage-a-paulin-bithougat-acte-2.html

Acte 3 : https://www.savoirgabon.com/2020/10/hommage-a-paulin-bithougat-acte-3.html

Acte 5 : https://www.savoirgabon.com/2020/10/hommage-a-paulin-bithougat-acte-5.html

 

 

Hommage à Paulin Bithougat (Acte 4)

Téléphone : (+241) 074 79 10 22 / (+241) 060 00 02 60

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